
Trouve-t-on
à l'heure actuelle des peuples qui ne pratiquent pas la danse
sous l'une ou l'autre de ses formes ?
Au fil du temps, la
danse est là, plus ou moins développée, plus ou
moins à l'honneur, mais toujours présente. En faire
l'étude c'est, en quelque sorte, faire l'étude de
l'humanité.
La danse est le
miroir de la société.

DANSES
SACREES
N'ayant pas de
logique scientifique, les hommes du paléolithique
confrontés à l'observation des phénomènes
naturels tels que la pluie, le vent, la neige, le soleil et
l'influence des périodes froides et chaudes sur les
végétaux, ..., redoutent ces puissances naturelles
"magiques" et impossibles à maîtriser.
Ils utilisent
alors la danse comme moyen d'attirer l'attention des dieux sur les
hommes (provoquer la pluie, danses solaires, lunaires,
...).
L'une des plus
anciennes représentations de danseur que l'on connaisse est
celle d'un danseur qui tournoie sur lui-même (certainement pour
les effets psychosomatiques que cela procure : perte du sens de la
localisation de l'espace, vertige, une sorte de dépossession
de soi-même).
On remarque que
partout dans le monde, et à toutes les époques,
l'état de transe est entre autres atteint par le tournoiement
(chamans, lamas, derviches, exorcistes musulmans, sorciers africains,
...).
Le système
de survie du paléolithique est fondé sur l'animal, les
danses ne peuvent que s'y référer.
Dans les grottes,
ces peintures sont isolées des autres représentations,
ce qui démontre bien l'importance de ces
rites.
La danse devient
le seul moyen de se mettre en transe, de sortir du monde visible et
de communiquer avec les "esprits".
1
"Demi-rondelle"
de Saint Germain, grotte du Mas-d'Azil
|
DANSE DE
GROUPE
Vers 8 000 ans
av. J.C.. (transition entre le paléolithique et le
néolithique pour les civilisations les plus
évoluées), les représentations de groupes
commencent à apparaître, témoins d'une vie
communautaire qui dépasse le cadre
familial.
Sur la paroi
d'une grotte du Mont Pellegrino, une peinture rupestre
représente sept personnages dansant en ronde autour de deux
personnages centraux. Ils tournent de la droite vers la gauche, comme
les rondes spontanées des
enfants.
La population
s'accroît et l'homme se sédentarise, ses habitudes
changent. Il s'organise en groupes. Très vite, la classe
sacerdotale, dont le rôle est de maintenir les contacts avec
les divinités protectrices, ne peut laisser les actes rituels
et les danses au hasard des inspirations
individuelles.
2 
Peinture
murale, site de Çatal
Höyük
|
A
chaque cité, son rite, ses danses.
Pour
toute nouvelle culture, une nouvelle danse
apparaît.
La danse
mystique et individuelle cède la place à un
geste-prière répété par les
danseurs d'une
communauté.
En
Anatolie, dans l'une des premières cités du
monde, on retrouve sur le site de Çatal
Höyük une peinture qui représente 23
danseurs répartis en deux groupes de part et d'autres
d'un grand cerf immobile.
Armés et vêtus d'un pagne en peau de
félin tacheté, leurs bras et leurs jambes sont
cassés au coude et au genou (position angulaire :
bras et jambes
"cassés").
On
retrouve ce type de représentation à travers
les danses rituelles de toutes les grandes cultures
jusqu'à la fin de
l'Antiquité.
|
|

|
zzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz