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L'évolution des danse se fait parallèlement à celle de la civilisation.

Le seigneur, s'étant mêlé au peuple, prend goût aux rondes et aux danses collectives; le peuple, lui, imite la danse de couple dansée dans les châteaux.

D'abord simple intermède lors des grands festins donnés par les cours médiévales (au même titre que la présence de chanteurs, acrobates, jongleurs ou encore montreurs d'ours), la danse prend peu à peu une tournure théâtrale.

Les monarques voulant avoir la cour la plus prestigieuse, rivalisent avec les autres en invitant poètes, peintres, musiciens; mais également des professeurs de danse. Ils se donnent en spectacle et tentent de se montrer le plus élégants possible.

Le BALLET DE COUR est presque né mais il lui manque encore une intrigue dramatique et cohérente sans laquelle il reste un simple divertissement.

Après une longue gestation commencée dès la fin du Moyen-Age, en France et en Italie essentiellement, les intermèdes s'étoffent : acteurs, musiciens, danseurs, costumes et décors (des effets de machines et de chars aux formes étranges).
Petit à petit le ballet prend forme, soutenu par les monarques et la cour.



LE MODELE ITALIEN
Pendant le 14e et la première moitié du 15e siècle, les malheurs publics s'imposent en France.
L'Italie connaît sa renaissance; elle réinterprète l'idéologie de PLATON (pratiquer un art qui vise à atteindre la Bauté, c'est également viser à atteindre le Bien).
L'Europe entière écoute la leçon.
L'attrait des Français pour l'Italie n'a jamais été aussi grand.




LA DANSE SAVANTE
La danse "mesurée" va devenir danse "savante".
Pour pratiquer cette dernière, il faudra connaître la mesure mais également les pas.

Le professionnalisme exigera dès lors des danseurs de métier et des maîtres à danser.
On prend conscience des possibilités d'expression esthétique du corps et de l'utilité de règles pour les exploiter. Le niveau technique va désormais se réhausser.



LES PREMIERS BALLERINI PROFESSIONNELS
Au XVIe siècle apparaissent les premiers ballerini professionnels qui vont codifier leur art dans divers ouvrages. Les positions du corps s'y précisent, les pas se multiplient (on y retrouve par exemple pas simples, doubles, courus, frappés, tours, sauts, révérence ...).

L'évolution se poursuit, la technicité est de plus en plus exigeante. Qu'il soit chorégraphe, interprète ou professeur, le danseur professionnel est très recherché.
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Cesare NEGRI (av. 1536 - apr. 1604) marquera la seconde partie du XVIe siècle. Danseur, théoricien et maître à danser italien, il forme de nombreux élèves qui se dispersent dans toutes les cours d'Europe.

Il écrit un célèbre traité, Le Grazie d'amore, et organise les fêtes les plus grandioses de l'époque. On trouve dans son traité : une combinaison de "cinq pas" - différents types de pirouettes (sur un pied, sautée) - différents sauts comme la cabriole ou encore l'entrechat 6.

Il recommande déjà aux "écoliers" de s'appuyer sur une table ou une chaise pour tenir le corps "ferme et droit" et s'exercer aux sauts.
Cesare Negri - Traité Gratie d'Amore, 1602
Fabritio CAROSO (av. 1577 - apr. 1605), danseur, compositeur, théoricien et maître à danser italien, est engagé par les grandes familles romaines pour enseigner la danse.

Il détaille, dans Il Ballarino, 54 règles techniques qui sont à l'origine des pas de la danse classique (usage du relevé, battement frappé, jeté, pirouette, ... et son intrecciato (francisé en "entrechat").

Dans la seconde partie du traité, il présente ses propres chorégraphies et celles d'autres maîtres.
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Fabritio Caroso - Traité Il Ballarino, Venise 1581



LES DANSES DE COUR
• BASSES DANSES :
• HAUTES DANSES :
• DANSES CHAMPETRES :

danse de bal, exécutée par un couple (selon une mesure à six pulsation), lente et majestueuse, représentative de la danse terre à terre.
Le cavalier tient sa partenaire par le petit doigt.
On y trouve : le branle, la gavotte, la carole, le gay (dansé par le jeune marié), ...

on dit aussi "danse par en haut", qui sont généralement sautées.
On y trouve : la gaillarde, la volte, la chaconne, la sarabande, la passacaille, le passepied, ...

on y trouve : le rigaudon, le tambourin, la musette (dansée au son de la musette, sorte de corne-muse), le bouffon (ou matassin qui se dansait avec des clochettes aux pieds), la canarie et surtout le menuet qui fut un immense succès lorsqu'il passa du bal champêtre au cérémonial de cour ...




LE BALLET DE COUR
Ce genre de spectacle est né à la fin du 16e siècle à la cour de France. Il s'impose comme l'un des divertissements favoris et ce jusqu'au 17e siècle.
Le ballet de cour se compose :
d'une OUVERTURE : qui expose le sujet représenté;
de plusieurs ENTREES : de dix à trente entrées de un ou plusieurs quadrilles de danseurs vêtus uniformément. Les quadrilles sont eux-mêmes composées de 4, 6, 8 et même jusqu'à 12 danseurs.
ces entrées regroupées forment des actes dont le nombre ne dépasse généralement pas 5.
Pour finir par le GRAND BALLET (appelé aussi ballet général) : c'est la dernière entrée, tous les danseurs ayant dansé y sont réunis.

Les danseurs forment des carrés, des ronds, des formes géométriques inspirées du mouvements des sphèrent célestes.
Ces formes sont visibles grâce à la disposition des lieux. Les spectateurs ont une vision aérienne, ils entourent et surplombent la scène.



LE BALLET COMIQUE DE LA REINE


Baldassarino de Belgiojoso, devenu Balthasar de BEAUJOYEUX (av. 1535 - v. 1587), violoniste, maître à danser et créateur de ballets italien, s'intègre rapidement à la cour.

Il est chargé par Charles IX d'organiser les fêtes royales; c'est lui qui va ordonner le spectacle appelé à couronner le mariage, en 1581, de Margaret de Vaudémont (soeur de la reine de France Louise), avec le duc de Joyeuse (favori de Henri III).

Contrairement aux ballets italiens où la déclamation est dominante, son Ballet comique de la reine, est une véritablement fusion des quatre expressions : littéraire, musicale, picturale et chorégraphique. Beaujoyeux apporte un dimension poétique et fait du ballet de cour un théâtre total.

Ce ballet est considéré comme le premier grand ballet de cour.
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Le Ballet comique de la reine, gravure du livret par Jacques Patin, également auteur des décors et des costumes



LES ROIS SUR SCENE

Les rois et les princes n'hésitent pas à monter sur scène, devenant les héros de la fête.
Marie de Medicis ne fait plus d'économie sur les spectacles. Le ballet s'installe à la cour.
Louis XIII est l'auteur du Ballet de la merlaison dont il invente les pas, les airs et les habits. Il paraîtra dans des rôles très divers et brillera dans les grands rôles comiques des ballets de l'époque. Il danse dans la Délivrance de Renaud, les Fées de la Forêt de Saint-Germain, ...

La cour de Louis XIII était fort triste et les ballets que le duc de Nemours inventa pour l'égayer de très mauvais goût. Le climat des fêtes et divertissements devint de plus en plus sombre avec de temps à autres du burlesque extravagant.
Une chronique de l'époque révèle que "Louis XIII, qui n'a jamais appris les règles de la musique, ne dansait pas en mesure et ce qui animait le plus les musiciens, c'est que sa Majesté prenait plaisir à mêler sa voix avec les leurs, les redressant quelquefois sur les notes".