LE BALLET POLITIQUE

Le principe de la monarchie absolue est discuté en France au 16e siècle. Tensions politiques et guerres se succèdent.

Les ballets vont alors servir de propagande monarchique.



LE STYLE BAROQUE

Le style baroque s'accompagne d'une nouvelle échelle des valeurs morales (ce qui compte c'est l'individu, ses ambitions, ses actions).

La danse tout comme la musique et la littérature, s'en inspirent, et ce, durant tout le 17e et la première moitié du 18e siècle.

Pour en savoir plus consultez : LE MAGAZINE DE L'OPERA BAROQUE




LA SCENE CHANGE

Apparition des scènes en pentes (6%) et d'une séparation entre spectateurs et danseurs.
Ce changement va faire de la scène un univers spécifique consacré à l'imagination.

Vers 1640 les scènes surélevées se généralisent, toute la perception du spectacle en sera changée.
Dès 1650, la danse se "verticalise" (horizontale jusqu'alors, elle se décrivait au sol), elle devient plus aérienne, la danse "d'élévation" est née.
Il n'est plus donné à tout le monde de pratiquer cette danse, la voie aux danseurs professionnels est ouverte.



LE BALLET BURLESQUE

Celui-ci fait partie du Ballet Baroque.

Son public va s'étendre; des représentations ont lieu dans les hôtels des nobles, dans les maisons des bourgeois et même des représentations pubiques en période de carnaval.

On y trouve des caricatures des métiers, des paisanteries grasses; on y montre des personnages exotiques, tous les moyens sont bons.

L'actualité ne sera pas épargnée.

Dans Don Quichotte de Cervantes, qui vient d'être traduit, Sancho Pança mène une troupe de nains diformes et Don Quichotte s'enfuit à la première menace.

Les tirades sont remplacées par des chants expressifs. Masques, costumes et récits sont chargés d'expliquer ce que le visage ne peut exprimer (les rôles de femmes sont également tenus par des hommes portant des masques de femme).

On distingue d'autres genres : le style héroïque (mythologie, épopées), le genre pastoral (nymphes et bergers) et le burlesque ou comique (qui s'accompagne donc de tous les thèmes).

Tout prétexte devient sujet de ballet.



Par exemple : Le Château de Bicêtre associe ballet, chant et déclamation. Un tas de mauvais esprits, fantômes, lutins, magiciens, hiboux, corneilles, animaux, bohémiens, pèlerins, rôdeurs, ... tout un monde qui crée une ambiance proche du rêve.

Le ballet est devenu le spectacle préféré de la cour.
Un ou plusieurs grands ballets ont lieu tous les ans et d'autres, plus modestes, en très grand nombre, traditionnellement en période de carnaval. "L'engouement pour danser est tel, parmi les courtisans, qu'il passe parfois avant les raisons d'Etat" (RICHELIEU).

Enfermé à la cour, le ballet se modèle sur le courtisan (de plus en plus raffiné, maniéré).

Au XVIIe siècle le ballet de cour est très coloré et varié. La référence au présent est fréquente, c'est même l'un des aspects les plus importants, c'est le miroir de la cour (vie quotidienne, intrigues du palais, ... ).

C'est également un moyen de célébrer les alliances entre les peuples, d'annoncer les mariages ou encore les naissances.




LE BALLET DES CHEVAUX

Un ballet dont on parle peu et qui pourtant donna lieu à d'étonnantes géométries, est le ballet des chevaux. Cavaliers et chorégraphes tentent d'associer ballets et tournois, et l'on voit des chevaux danser.
Les animaux répétent leurs pas au son d'une viole et ce pendant plus ou moins trois mois.

De pareils spectacles ne peuvent se donner que sur de vastes places (rappelant les arènes des tournois de jadis).
Duels, poursuites, poèmes (déclamés par des figurants à pied !), incarnant les éléments ou quelque divinité, pour finir par l'abbatimento, le grand combat.


Avec l'ouverture des théâtres italiens et la vogue des opéras, le ballet des chevaux disparaît des cours d'Europe.





LES ROIS SUR LA SCENE

Les rois et les princes n'hésitent pas à monter sur scène devenant alors les héros de la fête.

Marie de Medicis ne fait plus d'économie sur les spectacles. Le ballet s'installe à la cour.

Louis XIII est l'auteur du Ballet de la merlaison dont il invente les pas, les airs et les habits. Il paraîtra dans des rôles très divers et brillera dans les grands rôles comiques des ballets de l'époque. Il danse dans la Délivrance de Renaud, les Fées de la Forêt de Saint-Germain, ...

La cour de Louis XIII était fort triste et les ballets que le duc de Nemours inventa pour l'égayer de très mauvais goût. Le climat des fêtes et divertissements devint de plus en plus sombre avec de temps à autres du burlesque extravagant.

Une chronique de l'époque révèle que "Louis XIII, qui n'a jamais appris les règles de la musique, ne dansait pas en mesure et ce qui animait le plus les musiciens, c'est que sa Majesté prenait plaisir à mêler sa voix avec les leurs, les redressant quelquefois sur les notes".

Le BALLET MELODRAMATIQUE sera à son tour détrôné par le simple BALLET DES ENTREES.

Les costumes et la machinerie y sont très compliqués et coûteux mais ces ballets sont plus simples quant à l'action et à la mise en scène.

Le ballet de cour est si apprécié qu'on l'introduit partout où l'on peut, à commencer par les opéras.



L'OPERA ITALIEN ET LES BALLETS

Après la mort de Louis XIII, c'est l'Italien Mazarin qui est nommé premier ministre. Il n'y a pas de ballets de cour notables à cette époque et Mazarin va favoriser la venue de l'Opéra qu'il a appris à aimer à Rome. Pour plaire au public français on ajoute des ballets aux oeuvres originales.

Cette fusion durera plus d'un siècle.



LE ROI SOLEIL

LOUIS XIV (1638 - 1715), roi de France, est non seulement monarque mais également excellent danseur. La danse fait partie intégrante de l'éducation des jeunes seigneurs (tout comme l'escrime et l'équitation). Dès l'âge de sept ans il travaille tous les jours d'abord avec Prévost puis Regnault. Svelte et gracieux, le roi montre de réelles dispositions, il perfectionnera sa technique avec Vertpré puis Beauchamp.

Il a à peine treize ans lorsqu'il fait ses débuts de danseurs dans le Ballet de Cassandre.
A quinze ans, il incarne le Soleil levant dans le Ballet de la nuit (1653), ce qui lui valu le surnom de Roi Soleil.





A seize ans il fait une prestation remarquée dans les Noces de Pélée et dans Thétis où il danse Apollon.
Il danse dans le Ballet du temps (1654).
Il sera successivement un Egyptien, un ivrogne et le génie de la danse dans le ballet des Plaisirs (1655).
Psyché (1656). Les Plaisirs troublés (1657). Alcidiane (1658). Le Ballet de la raillerie (1659). Le Ballet de l'impatience (1661), ...

Chaque année est marquée par de nouvelles créations.

On a associé son nom à l'"entrechat royal" qu'il exécutait à merveille.

Le rôle du roi Louis XIV est déterminant dans l'épanouissement de la BELLE DANSE qui va se répandre dans le royaume puis dans les cours européennes.


Les danseurs portent souvent des masques à l'effigie du dieu, de la nymphe ou du berger. Ils sont pourvus d'accessoires afin de les caractériser (par exemple : soufflets à la main et moulins à vent sur la tête pour suggérer les vents, ...).

Il ne s'agit pas de mime car le texte parlé et chanté raconte l'histoire. Sans devoir traduire d'expression puisque masqués, les danseurs peuvent se concentrer sur les poses ou les mouvements du corps.

Ils n'hésitent pas à se travestir et ce dés leur plus jeune âge (Louis XIV danse Cérès, la déesse de la fertilité dans Les Saisons). Les grandes dames assurent une part des rôles féminins mais les comiques sont toujours tenus par des hommes masqués et vêtus d'une jupe mi-longue.

Les ballets de Louis XIV marquent le passage entre la culture baroque et la culture classique. Le menuet est la danse caractéristique de l'époque. Lully en a composé au moins cinquante pour Louis XIV qui le dansait à ravir.

En 1661 Louis XIV fonde l'Académie royale de danse (avant même de fonder l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres (1663) et l'Académie royale des sciences (1666)).
Il charge treize maîtres à danser, des plus expérimentés, d'assurer le développement de cet art qui lui tient tant à coeur.
Parmi ceux-ci : Henri Prévost, professeur du roi; François Galland du Désert, professeur de la reine; Jean Renauld, celui du duc d'Orléans, son frère; et Guillaume Reynal, celui du Grand Dauphin.
Chacun a son professeur particulier attitré.



LES MAITRES A DANSER MANIENT AUSSI L'ARCHET

Musicien comme Beaujoyeux, Jean-Baptiste LULLY (1632 - 1687) violoniste, compositeur, danseur bouffon et metteur en scène d'origine italienne, se vit remarqué par le roi. Son oeuvre restera un modèle pour plusieurs générations de compositeurs français.

Lully réussit à obtenir un monopole sur l'Opéra; "M Lully ne peut être comparé à personne puisqu'il est le seul dont on voit la musique en France" (Le Mercure galant).

Le ballet de cour atteint son apogée avec : Lully pour la partition et Beauchamp pour la chorégraphie (de Vigarini et Torelli pour les décors et les machines).

Le style s'ennoblit et s'affine, comme la vie de cour elle-même. Le public séduit ne s'intéresse plus qu'aux apparition de Louis XIV.

En 1685, âgé de quarante-sept ans, le Roi Soleil danse encore. Il figurait dans l'Eglogue de Versailles où Lully, toujours à ses côté, rattrapait quelque maladresse de son souverain ou lui soufflait tout bas un pas oublié.


Jean-Baptiste Lully

Pierre BEAUCHAMP, né à Versailles (1631 - 1705) et descendant d'une lignée d'artistes, il s'imposa très jeune à la cour en tant que musicien et danseur. Danseur, chorégraphe, pédagogue et maître à danser du roi, il est nommé surintendant des ballets du roi (en 1671).

Il compose désormais toutes les chorégraphies dont Lully écrit la musique.

On peut dire qu'il aura jeté les bases de la DANSE NOBLE.

Il met au point un système d'écriture de la danse (il codifie entre autres les positions des pieds).

Avec lui, l'exécution l'emporte sur la figure, et l'école française est désormais la première d'Europe.

On peut dire qu'il fut la plus grande figure de l'école chorégraphique du règne de Louis XIV.


Pierre Beauchamp

En 1701, Beauchamp publiera une Chorégraphie de l'art d'écrire la danse par caractères, figures et signes démonstratifs (très vite traduit en allemand et en anglais) qui sera considéré comme l'un des plus importants ouvrages sur la technique de la danse au XVIIIe siècle.

Le langage chorégraphique ne changera plus, à Londres, New York ou Moscou, on parle , et ce encore aujourd'hui, français dans le ballet.

En 1661 Louis XIV est invité au château de Vaux-Le-Vicomte pour assister à la création des Fâcheux, de MOLIERE , ( Jean-Baptiste Poquelin, dit, 1622 - 1673); acteur, directeur de troupe et auteur dramatique français). Connaissant la passion du roi pour la danse, Molière imagine de joindre des divertissements dansés. C'est une réussite; le texte de Molière et la musique de Lully accompagnent et commentent la danse de Beauchamp à merveille.

Ainsi la COMEDIE-BALLET devient rapidement le spectacle préféré du roi.

Molière collabore avec Beauchamp et Lully (il crée, entre autres, le Bourgeois gentilhomme (1670) le Malade imaginaire (1673).

Il meurt en 1673 et la comédie-ballet, qu'il avait inventé, ne lui survivra pas.

Maurice Béjart lui rendra hommage dans le Molière imaginaire (1976).


Molière




LA DANSE DEVIENT UN METIER

En 1669, Louis XIV fonde l'Académie royale de musique et en 1713, l'Ecole de danse de l'Opéra.

Durant ses dix premières années, le ballet de l'Opéra est exclusivement masculin. Il se propose de "choisir les meilleurs sujets et de leur apprendre gratuitement le métier".

La danse, au siècle de Louis XIV, devient enfin réservée aux professionnels (mais toujours masculins). Jusqu'alors les danseurs de cour étaient professeurs et chorégraphes tout autant qu'exécutants (et si l'on remonte encore dans le temps, le maître d'arme était également maître à danser).

On retiendra Louis-Guillaume PECOURT (1653 - 1729), danseur, chorégraphe et pédagogue français.

Probablement formé par Beauchamp, il débute à la cour puis danse pour l'Académie royale de musique où il devient soliste à partir de 1680. Pour Gherardi : "personne ne lui a jamais disputé le bon air, la vitesse de la jambe, la diversité des pas et la justesse de l'oreille". Il possède selon Rameau : "toutes les dispositions pour la belle danse".

Il compose cent vingt pièces (71 pour la scène et 49 pour le bal).

Chorégraphe inventif, il voit sa renommée s'accroître grâce à la publication de ses chorégraphies par :


Louis-Guillaume pécourt



de Raoul Auger Feuillet

Raoul Auger FEUILLET (1660 - 1710), maître à danser et chorégraphe français, est surtout célèbre pour sa notation du mouvement dans : Chorégraphie ou l'art de décrire la danse par caractères, figures et signes démonstratifs. Il y décrit certaines chorégraphies de L.G. Pécourt qu'il considère comme "le modèle des plus parfaits danseurs".

Il s'oppose à Beauchamp quant à la paternité de cette invention.



Pierre RAMEAU (1674 - 1748), maître à danser français, compose deux ouvrages didactiques importants pour l'étude de la belle danse : le Maître à danser (1967) où il explique en détail les pas contenus dans la Chorégraphie de Feuillet et L'Abrégé de la nouvelle méthode dans l'art d'écrire ou de tracer toute sortes de danse de ville (1725) outil précieux pour évaluer les changements survenus en un quart de siècle.


Le Maître à danser - Pierre Rameau (1725)



Thoinot ARBEAU (1519 - 1595), ecclésiastique français.

Son ouvrage l'Orchésographie et traité en forme de dialogue par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et pratiquer l'honnête exercice des danses, est souvent utilisé pour l'étude de la reconstitution des danses de la Renaissance. Grâce à ses différents traités, on peut facilement comparer et voir l'évolution de la danse au cours des siècles.


L'Orchesographie - Thoinot Arbeau (1588).

Grâce à ses différents traités, on peut facilement comparer et voir l'évolution de la danse au cours des siècles.


Claude BALLON (1676 - 1739), danseur , chorégraphe et pédagogue français, appelé dans divers ouvrages Jean mais à tort, laissera son nom à la faculté de sauter sans effort.

Il fait l'essentiel de sa carrière d'interprète à l'Académie royale de musique sous l'autorité de Pécourt. Il se produit à Londres, participe à de nombreux spectacles données à la cour de France ou chez des particuliers (principalement chez la duchesse du Maine).

Il participe aux Opéras de Lully et Campra.

Il succédera à Beauchamp en tant que compositeur des ballets du roi (1719).

Directeur de l'Académie royale de danse, pédagogue recherché, il compte parmi ses élèves M. Sallé et son frère. Il est choisi par Louis XIV pour instruire le futur Louis XV.

Il s'affirme comme l'un des meilleurs danseurs de sa génération.


Ballon rivalise avec Michel BLONDY (v. 1675 - 1739), danseur, chorégraphe et pédagogue français, le neveux de Beauchamp.
Il fait également carrière à l'Académie royale de musique où il est souvent partenaire de Subligny. Il succède à Pécourt comme "compositeur de ballet" à l'Académie royale de musique de 1729 à 1739. Il participe aux fêtes de la duchesse du Maine et travaille chez les jésuites (1715).
Il est repris par Feuillet pour deux de ses chorégraphies pour le bal, ce qui atteste de son activité de maître à danser auprès de particuliers.
Son enseignement contribuera à la diffusion de la belle danse française.
Il aura notamment comme élève Marie-Anne Cupis de Camargo, Marie Sallé et Franz Hilverding.


Le ballet de l'Opéra sera placé sous l'autorité de :
1673 à 1687 : P. Beauchamps
1687 à 1729 : G.L. Pécourt
1729 à 1739 : M. Blondy
...




LES PREMIERES DANSEUSES PROFESSIONNELLES


En 1681, Le Triomphe de l'amour met en scène le Dauphin mais aussi la Dauphine et de jeunes dames de la cour.

Lully reprend cet ouvrage, dont il a signé la musique, avec des danseuses professionnelles, requises pour l'occasion, quelques mois plus tard.

Les premières danseuses professionnelles font enfin leur apparition.

Le style français s'affine, l'accent est mis sur le placement et la coordination des mouvements, recherchant l'harmonie et l'équilibre (les italiens par contre sont plus attirés par la virtuosité).

Fraincine et Dumont, tous deux directeurs à l'Opéra, recrutent dans les familles pauvres garçons et filles âgés de neuf à treize ans.

Le ballet français tient alors la première place qui lui revient de droit. Partout en Europe, on s'arrache les maîtres à danser et danseurs français. Ils se produisent partout et imposent les bases de la danse classique internationale.

Les femmes sont entravées dans leurs lourdes robes, ce qui limite indéniablement leurs mouvements de jambes. Les hommes portent des tonnelets au-dessus du genou, ils peuvent donc montrer une technique plus spectaculaire.

Elles portent des chaussures usuelles à talon. C'est une des explications du fait d'avoir ouvert les pointes des pieds vers l'extérieur, en dehors, afin d'obtenir un meilleur équilibre.






BALLERINES DE LEGENDE

Des femmes mémorables font leur apparition sur les planches. Parmi-elles :
Melle de LAFONTAINE (v. 1655 - 1738), première des premières danseuses française de l'époque. Elle débute sur la scène à l'Académie royale de musique à Paris lors de la reprise du Triomphe de l'Amour en mai 1681. Sa grâce et son style noble agrémente les divertissements de opéras de Lully. Elle obtient un tel succès qu'elle est autorisée à régler elle-même ses entrées. Elle quitte la scène en 1693 pour se retirer au couvent.

Melle Marie-Thérèse Perdon de SUBLIGNY (1666 - 1736), danseuse française, partenaire des meilleurs danseurs de l'époque (comme Ballon). Elle fait carrière à l'Académie royale de musique. Elle débute en 1688 succédant à Lafontaine. Elle brille dans les opéras de Lully, Campra Destouche et Rebel.

Elle est l'une des premières danseuses professionnelles françaises à se produire à Londres.


Françoise PREVOST (v. 1680 - 1741), danseuse française, travaille sous l'autorité de Blondy à l'Académie royale de musique dès 1699.

Interprète très expressive et excellente technicienne, elle dépasse rapidement Subligny pour s'imposer comme vedette féminine de la compagnie. Elle est également partenaire de Ballon.

Elle se fait remarquer dans Horace (1714) lors d'une fête chez la duchesse du Maine et en 1715 elle fait des Caractères de la danse ("pantomime" dansé) fort apprécié.

Selon Rameau "dans une seule de ses danses sont renfermées toutes les règles qu'après de longues méditations nous ne pourrions donner sur notre art, et elle les mets en pratique avec tant de grâce, tant de justesse, tant de légèreté, tant de précision qu'elle peut être regardée comme un prodige dans ce genre".

Elle sera éclipsée par le talent de ses jeunes élèves Marie Sallé et Marie-Anne Cupis de Camargo.En 1713, le roi impose un règlement à l'Opéra. La troupe doit être composée de 12 hommes et 10 femmes. Ce n'est pas à parts égales mais c'est déjà mieux ! Cette proportion se maintiendra jusqu'au milieu du XIXe siècle.


Le Ballet de l'Opéra de Paris, fondé sous le nom d'Académie royale de musique, est à l'origine une entreprise privée pour laquelle le roi consent un privilège d'exploitation.