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Les idées de Weaver et Cahusac se retrouvent chez
Noverre.
Pour lui le ballet devait être "un art organisé
et non un divertissement bavard et confus".
Il veut une réforme complète du ballet qui
sombre dans la facilité et demande que la "danse
mécanique ou d'exécution" soit
remplacée par la "danse pantomime ou d'action".
Pour commencer, il veut supprimer les masques et
libérer le corps des danseurs des costumes
traditionnels. "Les faunes étaient sans tonnelets, et
les nymphes, Vénus et les Grâces sans paniers
(...)". "Je ne voudrai plus de ces tonnelles raides ... Je
diminuerai de trois quarts les paniers ridicules de nos
danseuses".
La France s'y refuse (l'Opéra est peu favorable aux
inovations) mais à l'étranger l'accueil est
favorable (Berlin l'adopte directement, tout comme le Kings
Theatre de Londres).
Il recherche une façon rationnelle de
représenter la nature. Sa danse est fondée sur
la pantomime expressive et les scènes d'action.
Quant il revient à Paris, il donne enfin ses premiers
ballets de "danse d'action". La pantomime y donne un sens
à l'intrigue et l'oeil se réjouit du
décor et des costumes.
Il va alors de capitales en capitales, recherché par
tous les grands de ce monde.
Il travaille avec Gluck, dont il est l'ami, et Wolfgang
Amadeus MOZART (1756 - 1791), compositeur autrichien,
avec qui il crée les Petits Riens.
Les Petits Riens , seule partition de Mozart
spécifiquement destinée au ballet. Elle sera
dansée par la Guimard et Dauberval.
Parmis les oeuvres de Noverre : Admète et
Alceste, Orphée et Eurydice, Le Bassin
de Neptune puis Médée et Jason
(1763) où il culmine.
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Dans
ce ballet tragique de Noverre, on voit bien les
attitudes des danseurs qui nous parlent.
Il écrit : "Lorsque les passions sont
violentes, elles éclatent avec fracas, elles
embrassent l'acteur. C'est alors qu'un mouvement
tonique frappe et ébranle à la fois
toutes les parties de son corps. Ce coup
électrique de l'âme donne au pantomime
une expression d'autant plus forte que ses gestes,
ses regards et ses attitudes agissent de concert et
partent tous à la fois" (Lettres sur la
danse).
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Ivo
Cramer, chorégraphe et historien
suédois, remonte en 1992 la tragédie
pantomime de Noverre Médée et
Jason,, à la demande du ballet du
Rhin.
Il remet en scène, au terme de recherches
minutieuses, la vengeance de Médée
qui empoisonne sa rivale et poignarde ses propres
fils sous les yeux de Jason.
Démons, dragons ... la féérie
baroque y est magnifiquement
reconstituée.
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Franz HILFERDING
(1710 - 1768), danseur, maître de ballet et
chorégraphe autrichien, étudie à Paris
avec Blondy et devient danseur de la cour impériale
de Vienne. Il est maître de ballet au
Théâtre impérial de Saint
Pétersbourg puis revient à Vienne.
Il puise chez Racine (Britanicus), chez Voltaire
(Alzire) et chez Crébillon
(Idoménée) pour monter à son
tour des spectacles tragiques. Il compose plus de deux cents
oeuvres.
Il ne laisse aucun écrit, ceux de son
élève Gasparo Angiolini sont la principale
source documentaire concernant son oeuvre. Ses conceptions
exactes restent inconnues mais il peut être
considéré comme un des fondateurs de ce que
l'on appelle à l'époque "ballet en action". Il
est l'auteur probable de l'un des premiers ballets
consacrè à Don Quichotte (1753).
Il instaure deux nouveautés : un engagement de tout
le corps dans la danse et une asymétrie dans la mise
en scène.
Pour Gaspero ANGIOLINI
(1731 - 1803), danseur, chorégraphe, pédagogue
et compositeur italien, successeur de Hilferding à
Vienne, il convient "que le pantomime puisse exprimer toutes
les passions et tous les mouvements de l'âme", "Il
faut qu'il soit lui-même fortement affecté de
tout ce qu'il veut représenter qu'il éprouve
enfin et qu'il fasse sentir aux spectateurs ces
frémissements intérieurs, qui font le langage
avec lequel l'horreur, la pitié, la terreur parlent
au-dedans de nous et nous secourent au point de pâlir,
de soupirer, de tressaillir et de verser des larmes".
Il publie une Dissertation dans laquelle il s'en prend
à ce qu'il considère comme :
"une décadence du ballet, ravalé au rang de
l'art de faire des entrechats et des gambades, de sauter ou
courir en cadence, ou tout au plus de porter le corps ou de
marcher avec grâce, et sans perdre l'équilibre,
d'avoir les bras moelleux et des attitudes pittoresques et
élégantes". Il plaide en faveur d'un "danseur
pantomime qui puisse exprimer toutes les passions et tous
les mouvements de l'âme".
Il exprime, tout comme Noverre, le désir de donner
une unité à la danse, à la pantomime et
à la musique.
Avec Christoph Willibald
GLUCK
(1714 - 1787), compositeur allemand, Angiolini
développe une fructueuse collaboration. Ils signent
Don Juan (1761), Orphée et Eurydice
(1762), Semiramis (1765).
Selon les termes d'Angiolini : "un discours parfaitement
enchaîné, une espèce de
déclamation faite pour les yeux dont on rendrait la
compréhension plus aisée aux spectateurs au
moyen de la musique".
La vision de Gluck suppose une collaboration plus
étroite entre le compositeur et le
chorégraphe.
Noverre travaille également avec Gluck à
Vienne.
Il signe avec lui ses oeuvres les plus importantes :
Psyché et l'Amour, Médée et Jason,
Orphée et Eurydice, Adèle de Ponthieu,
Agamemnon vengé, Apelles et Campapse et les Horaces
et les Curiaces, dont nombre d'entre elles sont reprises ou
copiées dans l'Europe entière.
Il s'insurge contre les conventions musicales suivies par
les compositeurs qui : "font des passe-pieds, parce que
Melle Prévost les courait avec
élégance; des musettes parce que Melle
Sallé et M. Dumoulin les dansaient avec autant de
grâce que de volupté; des tambourins, parce que
c'était le genre où Melle Camargo excellait;
des chaconnes enfin et des passacailles, parce que le
célèbre dupré s'était
fixé à ces mouvements. De même que le
geste, la musique doit s'accorder "avec la pensée et
les mouvements de l'âme".
Il est pour l'unité du ton et condamne la tendance de
certains de ses confrères à "mêler sans
distinction le sérieux avec le comique, le noble avec
le trivial et le galant avec le burlesque".
La paternité de se genre, combinant action dramatique
et pantomime, développé par Angiolini et
Noverre, sera l'objet de conflits entre ces derniers,
dès 1761.
Noverre la revendique à lui seul, tandis qu'
Angiolini l'attribue à son maître dans sa
Lettere di Gasparo Angiolini a Monsieur Noverre (1773),
rédigée après la mort d'Hilverding.
Dans ses Lettres, Noverre tend, en effet, à
s'attribuer le mérite des innovations en cours.
Weaver, Sallé, de Hesse, Hilferding et Angiolini ont
eux aussi lutté contre la "danse mécanique ou
d'exécution" au profit du spectacle "pantomime ou en
action", c'est-à-dire doté d'un moteur
dramatique. Noverre va toutefois plus loin que ces
prédécesseurs, il formule les conditions d'une
véritable réforme.
"... une étude que je regarde comme absolument
nécessaire à la danse, c'est celle de
l'anatomie dans ce qu'elle a de relatif à cet art. La
connaissance de cette anatomie simple purgerait à
l'avenir le théâtre d'une foule d'impotents et
d'incurables qui ne doivent leur état
défectueux qu'à l'ignorance des maîtres;
...
"Pour donner des leçons utiles, il faut savoir
connaître son élève, chaque
écolier demande des principes différents : ce
qui convient à l'un ne convient pas à l'autre,
ce qui redresse celui-ci estropie celui-là".
Pour lui il est "indispensablement necéssaire que les
danseurs partagent leur temps et leurs études entre
l'esprit et le corps et que tout les deux soient ensemble
l'objet de leurs réflexions; ..."
"Et vous, jeunes gens, qui voulez faire des ballets, et qui
croyez que, pour y réussir, il ne s'agit que d'avoir
figuré deux ans sous un homme de talent, commencez
par en avoir ! Sans feu, sans esprit, sans imagination, sans
goût et sans connaissances, osez-vous vous flatter
d'être peintres ? Vous voulez composer d'après
l'histoire, et vous l'ignorez ! d'après les
poètes, et vous ne les connaissez pas !
appliquez-vous à les étudier".
Antoine Bandeiri de LAVAL
(1698 - 1767), danseur chorégraphe et
pédagogue français, neveu par alliance et
élève de Ballon. Partenaire de Blondy, Camargo
et Sallé avec qui il interprête les
Caractères de danse. Ecellent danseur noble, il sera
eclipsé par son rival G. Vestris.
Jean Barthélemy LANY
(1718 - 1786), danseur chorégraphe et
pédagogue français. D'une carrure plutôt
épaisse, il est bon technicien et excelle dans le
genre aimable "la précision, la gaieté et la
belle formation des enchaînements".
Noverre le considère comme un chorégraphe
médiocre et sans grande imagination, excepté
dans les ballets qu'il règle pour lui-même. Il
forme M. Gardel et sa soeur Louise Madeleine Lany qui fait
une brillante carrière à l'Académie
royale de musique (de 1748 à 1766).
Vincenzo GALEOTTI
(1733 - 1816), danseur, chorégraphe et maître
de ballet italien.
Elève à la fois de G. Angiolini et de Noverre,
selon ses dire, il danse un peu partout en Europe, puis
travaille comme maître de ballet à Venise (1770
- 1775). Il prend la direction du ballet royal danois (1775)
où il reste jusqu'à la fin de sa vie,
continuant à prendre des rôles de mime
jusqu'à ce qu'il soit anoblit en 1812 (à 67
ans, il interprète encore le moine Lorenzo dans
Roméo et Juliette).
Il réorganise le Ballet et l'Ecole et contribue
à améliorer considérablement le niveau
des danseurs. C'est lui qui introduit le ballet d'action au
Danemark, qui ne connaissait jusqu'alors que des
divertissements dansés, il remonte quelques ballets
d'Angiolini et crée plus de cinquante oeuvres.
Il est l'un des premiers à s'inspirer de William
SHAKESPEARE (1564 - 1616), poète dramatique
anglais.
Il s'inspire de Roméo et Juliette et
également de Macbeth.
Roméo et Juliette, drame en cinq actes,
inspiré de nouvelles de la Renaissance italienne sera
la source de nombreuses oeuvres chorégraphiques.
Très apprécié pour son habileté
à créer une harmonie entre les solistes et le
corps de ballet, Gaelotti recherche l'équilibre
idéal entre danse et pantomime.
A sa mort, c'est A. Bournonville qui lui succède
à la tête du Ballet royal.
Antoine BOURNOUVILLE
(1760 - 1843), danseur et maître à danser
danois d'origine française.
Elève de Noverre, il travaille comme premier danseur
à la cour de Suède à Stockholm puis
rejoint le Ballet royal danois comme danseur invité
et s'installe finalement à Copenhague, s'affirmant
comme l'un des interprète les plus
élégants de la compagnie.
Il succède à Galeotti au poste de maître
de ballet (1816 - 1823), ne témoignant toute fois que
d'un modeste talent de chorégraphe par rapport
à son fils August.
Noverre devient membre de l'Académie royale de danse
en 1777 et maître de ballet à l'Académie
royale de musique de 1776 à 1781. Il succède
à :1739 - 1748 : A. Laval - 1748 - 1768 : J.-B. Lany
- 1770 - 1775 : G. Vestris.
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